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Les éditos du Président
Avril /Mai / Juin / Juillet 2010
BIENVENUE EN FRANCE
Rentrant de Russie la semaine dernière et comme à chacun de mes retours de voyage à l’étranger, j’ai eu un coup au cœur et ressenti la même impression mitigée : gare TGV de Roissy, 6h du matin, le ventre vide car rien n’est encore ouvert, je me vois contraint de courir pour rejoindre à 200 mètres le wagon de mon train pour Angers, au départ imminent, train qui pour une raison toujours inconnue, ne se trouve jamais à l’endroit indiqué par le tableau d’affichage des voies !
Une fois installé, la lecture de la presse française ne m’est pas d’un grand réconfort. J’apprends que le retard au décollage, à Moscou, de mon avion est la conséquence de la grève perlée des contrôleurs aériens français qui ont décidé, en pleine période de vacances, de rejeter le projet d’harmonisation du ciel européen, projeté par les pouvoirs publics et la DGAC.
Là où j’entends gestion de l’augmentation du trafic, meilleure sécurité et réduction de la longueur des routes aériennes, lutte contre les retards, diminution des coûts, les aiguilleurs français ne retiennent qu’un seul mot : changement. Eux, qui sont de 30% plus nombreux que leurs homologues européens et touchent des salaires proches des cent mille euros pour quelques 120 jours de travail annuel en moyenne, dénoncent une mise en danger de la sécurité aérienne, cachant ainsi leurs intérêts propres derrière un nuage d’hypocrisie.
Cette constatation, symptomatique de la difficulté à transformer la société française, me laisse perplexe. Combien d’entre nous n’ont ainsi eu pour ultime recours que de baisser leurs rémunérations ou de s’en priver un certain temps pour voir baisser leurs charges et rester dans la course ?
Je me demande parfois où nous puisons la force de continuer à avancer, nous les chefs d’entreprise de PME françaises, premières victimes financières de la crise qui sévit depuis maintenant deux ans.
Nous ne sommes pas de ces privilégiés auxquels l’opinion publique pense en premier lieu quand il s’agit de vilipender les « riches ». Nous demandons simplement qu’on nous laisse entreprendre, que l’on favorise notre développement en allégeant notre fardeau fiscal et social, que l’on nous fasse confiance car nous sommes les moteurs de la richesse et de l’emploi dont la France a besoin.
« La solution à la crise existe ; elle passe par l’entreprise, les entreprises et par l’esprit d’entreprendre ». Il faut pour cela nous aider en travaillant à supprimer les privilèges et les rentes de situation qui, additionnés, pénalisent notre compétitivité. Il faut redonner à tous le goût du travail bien fait, le respect de l’autre, des clients comme des salariés qui, à nos cotés, construisent l’avenir.
Bonne vacances à tous…
L’Entreprise, c’est nous tous !
Joël Freuchet
Janvier / Février / Mars 2010
« Les entreprises françaises, au cœur d’une crise sans précédent, sont l’objet de toutes les attentions de l’Etat. Celui-ci, par le biais de dispositifs spécifiques : étalement de dettes fiscales et sociales, médiation du crédit, chômage indemnisé, contregaranties OSEO, formations…, a mobilisé toutes ses forces pour sauver celles qui peuvent l’être.
La crise révèle la grande fragilité de notre tissu d’entreprises composé à 90% de TPE–PME de moins de 50 employés qui, faute de fonds propres – mais comment faire pour en accumuler ? – faute d’une taille suffisante – mais comment faire pour grandir dans un univers hostile ? – sont de fait éreintées par des prélèvements obligatoires et une législation fiscale et sociale parmi les plus décourageants de tous les pays développés.
Il est impératif que, cette crise dépassée, la vague d’allègements actuelle permettant la survie de beaucoup d’entre nous ne se « retire » pas et n’engloutisse sur son passage les entreprises convalescentes.
Ceci est possible si les cartes sont redistribuées, si le travail ne supporte plus seul la politique sociale du gouvernement et si les collectivités publiques, qui ne jouent pas le jeu de la réforme, contrairement à l’Etat, et ont grossi bien au delà du raisonnable, acceptent de revoir leur copies.
Il convient sans doute de s’attaquer aux niches fiscales même si cela n’a pour seule conséquence que d’augmenter indirectement les impôts, et donc les charges ; alors que c’est tout le contraire qu’il faudrait faire : les alléger pour restaurer notre compétitivité et nous donner la liberté d’augmenter le pouvoir d’achat de nos salariés.
Le succès du statut de l’auto-entrepreneur, c’est certes celui de la liberté d’entreprendre, mais c’est aussi et surtout, celui de l’absence de charges et de cotisations sociales. Entre l’auto-entrepreneur qui déclare ce qu’il veut et l’entreprise artisanale ou la PME écrasée par ses obligations et prisonnière d’un Code du Travail devenu insupportable et anti-économique, il y a sûrement un juste milieu qu’il nous faut trouver.
En avant l’entreprise, en avant l’Anjou ! »
Joël Freuchet
Novembre / Décembre 2009
VIVE LA PME ATTITUDE !
» L’année qui s’achève nous a vu entrer dans une crise économique sans précédent. Nombre de nos certitudes, qu’elles soient d’ordre économique ou philosophique, ont été battues en brèche et nous avons compris que comme les civilisations et les hommes, les théories économiques étaient, elles aussi, mortelles.
Si certains chiffres nous laissent à penser que les prémices d’une reprise se font jour, 2010 sera cependant l’année de tous les dangers et nous aurons besoin de toute notre créativité et de beaucoup de courage pour que nos entreprises et les employés qui les composent puissent atteindre sans dommage 2011 et 2012, années qui devraient enfin nous voir renouer avec la croissance.
Albert Einstein (1879-1955) disait qu’une crise est la meilleure des bénédictions qui puisse arriver aux gens et aux pays, car la crise apporte le progrès. La créativité naît de l’angoisse comme le jour naît de la nuit obscure… Celui qui rend la crise responsable de ses propres échecs et de ses propres misères agresse son propre talent et donne plus de valeur aux problèmes qu’aux solutions. Sans crise, il n’y a pas de mérite ni de défis ; sans défis, la vie est routine et lente agonie.
Notre MEDEF est d’une grande richesse par la diversité des origines, des secteurs et des expériences de chacun de ses membres, par l’implication de ses mandataires engagés dans de très nombreuses instances où ils représentent et défendent les intérêts de nos entreprises : CCI, CESR, Comité d’expansion, Conseil d’agglomération, Conseil de Prud’hommes, CPAM, Pôle emploi, TASS, TCI, Tribunal de Commerce, Université, URSSAF… Appuyons nous sur leur solide expérience dans leurs domaines respectifs et mettons nous au défi de l’associer aux nôtres.
Nous avons entre nous une expertise inégalée. Dans une société où le chacun pour soi prime l’intérêt communautaire, ayons la PME attitude et redécouvrons les vertus d’une nouvelle fraternité entrepreneuriale.
C’est tout le bien que je nous souhaite à l’aube de cette nouvelle année.
En avant l’Entreprise… ! »
Joël Freuchet
Sept/Octobre 2009
Taxe professionnelle : RÉUSSIR LA RÉFORME !
« Inventée par Jacques Chirac, alors 1er Ministre en 1975, qualifiée par François Mitterrand d’impôt imbécile, injuste et anti économique, la Taxe Professionnelle aura contribué avec le Code du Travail et le syndicalisme « à la française » à fragiliser les entreprises de notre pays, réduites pour 98% d’entre elles à la taille de PME/PMI de moins de 50 salariés, concentrant plus de 50% des emplois de l’hexagone.
La réforme en cours de cette taxe normalement effective au 1 janvier 2010 est par son poids, 28 milliards d’euros collectés, la plus lourde jamais engagée.
L’économie attendue est d’environ 8 milliards d’euros pour les entreprises, qui continueront cependant à verser 20 milliards €, non plus au titre de leurs investissements mais à ceux de leur foncier bâti avec la nouvelle Contribution Economique Territoriale (CET) et de leur valeur ajoutée avec la Contribution dite Complémentaire (CC).
Cette réforme fortement désirée par le monde économique agite si fortement le débat budgétaire au Parlement qu’elle a failli se voir dénaturée par un amendement déposé en dernière minute et adopté à l’unanimité en Commission des Finances de l’Assemblée nationale ! S’il avait été adopté, il aurait considérablement alourdi les charges de plus de 120 000 très petites entreprises jusqu’alors exonérées.
La mobilisation générale des MEDEF Territoriaux dont le MEDEF Anjou et la volonté du gouvernement, contre sa majorité, « d’encourager les entreprises », ont permis de repousser cet amendement, proposé par un député UMP de Maine et Loire, qui visait à abaisser de 500 000 € à 152 500 € de chiffre d’affaires le seuil de taxation de la contribution complémentaire et à porter le taux de cette cotisation à 1,5 % de la valeur ajoutée dès 2 millions d’euros de chiffre d’affaires au lieu de 50 millions.
Evidemment les collectivités locales sont inquiètes, mais si nous pouvons les comprendre, nous leur disons qu’elles doivent elles aussi participer à l’effort en faveur de la compétitivité des entreprises. Quand les ressources baissent faute de commandes ou de marchés, les entreprises compriment leurs dépenses, quand les difficultés financières les touchent, les ménages font de même. Les élus locaux doivent également s’inscrire dans le contexte de crise que nous connaissons et optimiser leur gestion.
Tous les euros qu’ils dépensent sont-ils utiles ? Des compensations sont-elles systématiquement nécessaires ? En dix ans, les dépenses des collectivités locales ont augmenté de plus du double des charges transférées par l’Etat et plus de 500 000 emplois ont été créés. Est ce bien raisonnable ? Le lien entre l’entreprise et le territoire doit être conservé mais dans un souci d’équilibre et de gestion respectueuse des uns et des autres.
La réforme, essentielle, de la taxe professionnelle ne peut pas être manquée, notre économie n’en a tout simplement pas les moyens !
L’entreprise c’est la vie ! »
Joël Freuchet
Avril/Mai/Juin 2009
ON CROÎT RÊVER !
» J’ai cru rêver quand j’ai reçu tout dernièrement l’imprimé de déclaration d’un nouvel impôt à acquitter par toutes les entreprises et les commerces de France, sur l’affichage, les enseignes et autres informations visuelles indispensables à l’exercice d’une activité quelle qu’elle soit. Pudiquement appelée taxe locale sur la publicité extérieure (TLPE), ce nouvel impôt résulte de l’application de la loi de modernisation de l’économie. Indiquer sur une enseigne le nom de son entreprise constitue dorénavant un dispositif publicitaire et est donc taxé.
J’ai cru replonger 200 ans en arrière quand, rappelez-vous, fut promulgué (en 1798) un nouvel impôt destiné à taxer les portes et les fenêtres des magasins, autres usines et habitations des Français.
Législateurs comme parlementaires sont décidément incorrigibles et semblent avoir oublié ce qu’il advint : nos aïeux se mirent à condamner autant de portes et de fenêtres qu’ils le pouvaient. Il fallut tout le 19ème siècle pour, de controverses en controverses, enfin obtenir en 1926 l’abrogation de cette taxe et ….. recommencer à respirer. Entretemps, outre le développement d’une architecture d’une tristesse affligeante, notre pays constatait une recrudescence de la tuberculose.
Législateurs comme parlementaires sont décidément incorrigibles : je ne vous parlerai pas, ou si peu, de l’Angleterre et de la taxe sur les queues des chiens qu’elle institua, censée imposer les propriétaires de cet animal familier et qui eut pour principal effet de faire exploser les opérations d’ablation de queues et apparaître progressivement des chiens anoures tel le fameux Bobtail.
Ne pensez vous pas qu’au cœur de la crise économique sans précédent que nous traversons, alors que des milliers d’entre nous, industriels, commerçants, artisans, luttent pour la survie de leur entreprise, il y a mieux à faire !
Sachez par exemple que le MEDEF se mobilise pour que la réforme de la taxe professionnelle ne pénalise pas les PME. Selon plusieurs schémas évoqués dans la presse, la réforme pressentie impacte manifestement celles-ci, alors même que leurs carnets de commande ne repartent pas, que les mécanismes de chômage partiel ont été largement utilisés par elles et que le « cash » dont elles disposent s’amenuise dangereusement.
Sachez également que notre mouvement s’oppose vigoureusement à une remise en cause des allègements de charge qui permettent de baisser le coût du travail pour tous les salaires compris entre 1 et 1,6 Smic, remise en cause évoquée lors du sommet social du 1er juillet dernier.
Non, vous ne rêvez pas ! Si les entreprises devaient perdre le bénéfice de l’exonération des cotisations patronales, ce sont 800 000 emplois qui seraient directement menacés ; que ceux qui s’aventurent dans une telle demande en pèsent bien toutes les conséquences pour nos PME.
Il nous faut plus que jamais expliquer la réalité de nos entreprises, enseigner les mécanismes de la création de la valeur ajoutée. Rencontrons nos parlementaires, invitons les à nous fréquenter, parlons leur…il en va de notre destin.
Bonnes vacances à tous. En avant l’entreprise, en avant le Maine et Loire. »
Joël Freuchet
Janvier / Février / Mars 2009
ÊTRE ENCORE LÀ POUR LA REPRISE !
»Le vrai chef d’entreprise, c’est celui qui risque son patrimoine, crée la richesse, innove et développe l’emploi. Faux patron mais vrai dirigeant salarié, le bénéficiaire de super bonus ou autre parachute doré ne doit pas lui être confondu. Le premier prend tous les risques, le second, parfois dénué d’éthique mais assuré des ses droits de salarié, aucun.
Confronté à une crise comme jamais le monde moderne n’en a connu, le premier, à la tête de 92% des entreprises en France, se demande comment il va faire pour être encore là pour la reprise.
Pour beaucoup d’entre nous, confrontés depuis plusieurs mois à des baisses de commandes nouvelles de 20 à 80 %, donc de chiffre d’affaires, il n’existe pas d’autre alternative que de baisser le plus rapidement possible les charges, d’essayer de s’adapter à des marchés en forte dégradation, et de vivre l’épisode le plus douloureux humainement pour un chef d’entreprise, celui de devoir se séparer de collaborateurs compétents.
Les mesures de licenciement économique et de chômage partiel ne sont malheureusement plus des réponses pertinentes à la brutalité de la situation extraordinaire dans laquelle nous sommes plongés.
Beaucoup d’entreprises en France sont sous capitalisées, risquent de ne pas pouvoir faire face aux échéances qui se présentent et de vivre un dépôt de bilan avec les conséquences que l’on sait.
Il nous faut, en accord avec les partenaires sociaux, imaginer en urgence de nouvelles solutions pour permettre aux entreprises de réduire rapidement leur voilure sans frais supplémentaires et à leurs salariés de conserver leur niveau de vie.
Il nous faut, en accord avec les banques qui ont été aidées pour cela, imaginer en urgence les mesures directes et rapides qui permettront à nos TPE-PME qui manquent cruellement de fonds propres, de financer leur activité en 2009.
La priorité des patrons de TPE-PME est de disposer de liquidités et de facilités de trésorerie. Il en va de la survie de milliers d’entreprises dont on aura impérativement besoin pour assurer l’embauche la reprise venue.
Pouvoirs publics, instances départementales et locales n’ont jamais été aussi à l’écoute des entreprises, restons donc optimistes sur le long terme et toujours actifs sur le court terme.
L’entreprise c’est la vie ! »
Joël Freuchet